Elsa Biston (1978) est compositrice et artiste sonore. Elle a développé son dispositif d’objets vibrants, ensemble d’objets et d’instruments mis en vibration par des transducteurs, pour lequel elle a créé l’installation performative Prendre corps ; un solo, Slow times low freqs, et l’installation Aussi fragile que possible créée aux Donaueschinger Musiktage 2024.
Ses pièces électroacoustiques (Il n’y a pas d’autre côté, Muance, Brume) ont été diffusées par le festival Présences (Radio France), Futura, Elektra Music, Scrime, etc.
Elle a récemment composé pour l’ensemble Zafraan (Berlin), Line upon Line, trio de percussion à Austin, Texas ; pour HANATSUMiroir (Strasbourg) et dispositif d’objets vibrants, elle a créé la pièce Attentifs ensemble, expérience d’écoute collective, à la Pop en avril 2023.
Elle est également directrice artistique pour les enregistrements de musique classique et contemporaine pour Radio France. Les questions tournant autour du support, des significations induites par la médiatisation, sont au cœur de sa démarche.
Sa musique invite à une forme d’attention subtile aux phénomènes sonores et aux relations qui se tissent lors d’un événement. Elle propose des matériaux complexes à l’intérieur desquels les spectateur.ices créent leur chemin, et peuvent prendre conscience de leur propre attention.
Son travail se porte volontiers, depuis quelques temps, sur les objets et matériaux « sans valeur », les rebuts, les sons et objets que l’on dirait, a priori, sans intérêt. Elle recherche dans ces matériaux l’indice d’une présence, d’un désir, d’une intentionnalité ; à faire avec les aléas et ce qui échappe à la volonté.
Presse
Anne Montaron pour Hémisphère Son
tout l'article et l'entretien : https://hemisphereson.com/prendre-corps/
"Au début, le regard est si accaparé par la beauté des objets, les jeux de lumière et de vibration, que l’oreille suit le regard, est un peu à la traîne… Peu à peu pourtant le regard cède: les objets-personnages nous deviennent si familiers dans leurs caractéristiques physiques, leur matérialité, leurs capacité à vibrer, à murmurer, à chantonner, qu’ils deviennent une partie de nous. (...)
Quand surgit la fin de « Prendre corps », on n’est plus tout à fait les mêmes : nos yeux cherchent les objets-personnages devenus silencieux, alors que tout notre être vibre, des pieds à la tête. « Prendre corps », assurément, nous emmène loin, et dessine une « cartographie » sonore à nulle autre pareille!"
Pierre Gervasoni, dans le journal Le monde, article du 6 octobre 2020, à propos de la "relecture" de Pastime Paradise de Stevie Wonder aux objets vibrants, péniche la pop, 3 octobre 2020
"Le matériau original va et vient de manière subtile comme une boule de sons soumise à une révolution permanente. Aussi novatrice que Stockhausen qui, en 1964, pour Mikrophonie I, sondait des tam-tams avec des micros, Elsa Biston accomplit deux exploits avec cette partition qui invalide les catégories. Elle introduit la notion d'interprétation dans de la musique électronique et évacue du champs visuel la figure de l'interprète. Une déclinaison future de la musique de chambre? "
Juliette Volcler dans la revue "ici l'onde", éditée par Why Note, centre de création musicale, automne 2021
"Dans son travail personnel, elle chemine pareillement, questionnant sans cesse sa façon de faire musique et de donner à entendre, dans une recherche éminemment matérielle et philosophique. Le travail de composition se situe autant dans les conditions de la création et dans la relation aux autres que dans l'agencement de sonorités choisies. "
© Marion Brunet